La Nuit Blanche à Paris / Emilie Turc

18 octobre 2016

C’est ce samedi premier octobre que, dans son manteau étoilé, la ville Lumière s’est révélée à nous. La 15ème édition de la Nuit Blanche, manifestation artistique incontournable de la capitale, nous invitait cette année à suivre le cours de la Seine à la poursuite de Poliphile. Ce personnage imaginé par l’écrivain Yannick Haenel nous entraîne dans sa quête éperdue de l’amour et c’est le cœur rempli d’attente et d’espoir que nous nous laissons guider.

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Cette nuit tout particulièrement c’est de la beauté, de la poésie, des lumières, du bruit ; mais c’est aussi lent autant que ça se mérite. Tu peux y aller à pas feutré ou bien avoir la démarche déterminée et croquer la ville en d’une seule enjambée. Une nuit entière pour avaler d’un trait l’insaisissable beauté de ces œuvres dévoilées sous un nouveau jour lors de la Nuit Blanche. Chaque lieu, chaque parcelle de mur, chaque pavé brille et se polit aux passages des milliers de badauds présents.

Dans l’espoir de te mettre l’eau à la bouche, je te présente quelques échantillons de cette belle cuvée 2016. Des extraits d’une magnifique épopée nocturne, histoire de te faire toucher du bout du doigt l’événement :

L’Eveil d’Erwin Olaf :

Sur la façade de l’Hôtel de ville, des visages et des corps s’animent, s’étirent, s’éveillent dans un slow motion envoûtant. Des fenêtres sur des corps et des visages nous mettant dans la position du voyeur. Lançons une piste de réflexion grâce à cette définition du voyeurisme : Trouble de la sexualité consistant à épier autrui à son insu dans des conduites impliquant l’intimité…

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Sirènes d’Emmanuel Trousse :
L’appel du large est trop fort pour l’aventurier des bords de Seine qui risque de dévier de sa quête. Les chants de la mer comme une invitation mystique au spectateur irrésistiblement attiré vers les eaux. Lors de cet épisode, Poliphile ne se perdit pas dans sa poursuite de l’amour et nous aussi nous nous devons de quitter les sirènes et de continuer le voyage.

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À la fois course contre la nuit et balade à savourer très lentement, c’est surtout une quête à partager. Comme notre héros de cet année Poliphile, découvre l’excitation de conquérir et ressentir comme jamais les battements de cœur de Paris.
Tandis que tu lis ces mots, l’instant sublime est déjà fini car c’est son éphémérité qui fait son attrait. Mais maintenant tu sais que l’aventure a lieu tous les ans, la nuit du samedi au dimanche du premier week-end d’octobre. Tu vas aimer ces installations et performances qui germeront dans toute la cité ; des grands musées aux plus petits recoins de rues, tu seras inévitablement touché.

Je finirais alors sur une phrase du Chapitre 3 du Retour des Temps Désirables qui résume avec justesse et un soupçon de naïveté l’événement de cette année : Pense que sans amour rien ne vit.

 Emilie Turc.

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