J’ai vu Carol / Charlotte Marinière

19 février 2016

J’ai vu Carol et c’est un peu « deux chattes vues par un pénis ». 


 « CAROL »
 Todd Haynes  5 jan 2016


Je suis allée voir Carol au cinema plein air de Sydney avec vue sur l’Opera et le Harbour Bridge. Ouais la classe.
J’étais exicitée comme une pucelle vive ; j’avais lu le livre The Price of Salt de Patricia Highsmith (ouais je lis en anglais, la classe encore) dont ce film est tiré et j’avais A-DO-RÉ. Lorsque j’ai su qu’un film était en préparation, ça m’a émoustillé le fond de la culotte.

L’histoire est simple : dans le New-York des années 1950, Thérèse (Rooney Mara), une jeune aspirante photographe rencontre Carol (Cate Blanchett), une femme élégante d’un âge plus mûr en plein divorce avec son mari. Les deux femmes vont développer une complicité grandissante puis s’addoner à des plaisirs saphiques. Coquinettes.

Maintenant ce que tout le monde attend, la parole divine : mon avis sur le film. Bien sûr, lorsqu’il y a attente, il y a déception, et là j’en ai eu pas mal.

Des longueurs pour faire des raccourcis.

Le film comporte des scènes longues, souvent sans dialogue, qui servent un peu à rien. Petite parenthèse pour tous les aspirants réalisateurs : ce n’est pas parce que ton film est lent que c’est un film d’auteur. S’il n’y a pas d’intention derrière, on se fait juste chier. #cestdit

Mais là où le realisateur a fait fort, c’est que malgré les longueurs, on a l’impression que des étapes sont sautées… Carol est une femme à la beauté froide qui reste toujours calme. Cette image est prédominante dans le livre et donne une puissance aux rares colères ou aux pertes de confiance de cette dernière. Le film ne prend pas le temps de marquer cette attitude fière et élégante. Les scènes de perte de sang froid perdent tout leur intérêt.

Deux chattes vues par un pénis.

Le réalisateur est un homme et ça se sent. Je ne m’attarderai pas sur tous les clichés sur l’homosexualité féminine (par exemple, le film sous-entend que si deux femmes se retournent l’une vers l’autre, c’est en partie parce que tous les mecs autour d’elles sont des cons finis…)
Dans le bouquin, on était très loin de tous ces clichés et c’était d’abord l’histoire d’une attraction, au delà du genre, entre deux personnes dans un contexte pernicieux. C’était justement ce qui m’avait vraiment plu : La question de la reconnaissance homosexuelle ne se posait pas (encore).

Carol de Todd Haynes.

Deux, trois trucs pas trop mal.

Deux, trois trucs valent le coup de jeter un coup de cil au film :
Rooney – ouais je l’appelle Rooney, genre c’est ma pote – offre une performance plutôt réussie d’une Thérèse qui se dégnaise gentiment à la sortie de l’adolescence et qui prend confiance en elle. Cate Cate aussi est bien, mais Cate fait du Cate (4 fois Cate dans une phrase, pas mal).

Le montage anachronique me semblait vraiment malhabile au départ, mais au final, à l’instar d’une chatte, le tout retombe sur ses pattes et ça donne un effet coocool.

Conclusion : je n’ai pas supra-aimé le film qui malgré des ambitions prometteuses semble inachevé et nous laisse sceptiques comme une fosse.


Après tu n’es pas obligé(e) de prendre en compte mon avis. Je pense que j’ai été déçue car ce que j’avais aimé dans le livre ne s’y retrouve pas…

Ouais je suis le genre de meuf qui après un film sort des trucs comme  »le livre était mieux » en pincant les lèvres et remontant les sourcils.

Charlotte Marinière

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