Interview de Thomas Pradier / Adeline Arénas

14 février 2016

Samedi 16 Janvier, je me suis rendue au Sonic pour aller voir le concert de Thomas Pardier* et son groupe, le Variété Underground. Dans une péniche qui tanguait sur l’eau.


 THOMAS PRADIER
 Interview  16 jan 2016


Je dois avouer que j’étais très impatiente de voir le jeune homme défendre son premier album solo, La nuit au ralenti, enregistré pour le label La Souterraine. Premièrement parce que j’ai de l’estime pour son travail depuis plusieurs années, qu’il officie avec The Deserteurs ou The Heartsnatchers. C’est aussi la première fois qu’il écrit et chante en français. Ensuite, parce que je ne l’avais jamais vu jouer en chair et en os. (Même si je l’avais déjà vu, lui, en chair et en os, avant.) Enfin, parce qu’il a deux membres des merveilleux Alone With Everybody dans son backing band, le Variété Underground. Voir l’adorable Louisa Bénâtre officier debout à la batterie au lieu de pianoter sur son clavier habituel valait le coup. Le concert de Thomas Pradier était poétique et simple, avec quelques belles envolées musicales et quatre musiciens en osmose.

Avant que les hostilités ne commencent, j’ai pu poser quelques questions à Thomas, et je ne peux que vous encourager à écouter son album. C’est de la pop psychédélique en français, bricolée à la maison avec trois fois rien, donc forcément honnête. On y sent clairement les influences du musicien, en particulier celle du Velvet Underground, bien entendu :

Dans la bio que tu as écrite pour La Souterraine, tu écris que tu as peur quand le label t’a contacté pour te commander un album. Pourquoi ?

J’ai écrit ça ? (Je hoche vigoureusement la tête.) Je crois que je voulais surtout parler de la pression d’écrire tout un album en français. J’ai tout composé et enregistré en deux mois… Il faudrait vraiment que je retourne voir ce que j’ai écrit pour la bio du bandcamp, je ne m’en souviens plus !

Je voulais savoir quelles étaient tes influences pour écrire ces paroles en français ? Je sais que tu aimes Alain Souchon…

Alain Souchon, oui. Il y a aussi les chansons de Camille Bénâtre, qui fait notre première partie ce soir. (NdA : et qui est bassiste dans le Variété Underground.) En fait, on a écrit chacun nos albums en français sans se consulter, au même moment. J’aime écouter ce qu’il fait. Après, j’aime aussi traduire des paroles de l’anglais au français. Certains textes sont bien parce qu’ils ne sont pas prise de tête, mais dès que tu as des paroles à teneur politique, ça rend beaucoup moins bien en français. Lou Reed, par exemple, fait des textes très poétiques, qui passent bien dans les deux langues. Bob Dylan, c’est moins évident.

Peur de toi est ma chanson préférée de l’album. Comment l’as-tu écrite ?

Ça, tu vois, c’est une chanson qui m’est d’abord venue en anglais, justement. Je l’ai traduite en français pour La Souterraine.

Quelle est ta chanson préférée de l’album ?

Dès les os de tes hanches. C’est ma chanson préférée à jouer sur scène, parce que c’est celle où je peux le plus m’amuser avec la guitare. Et Scottie Sait est ma préférée à écouter.

As-tu un moment privilégié pour écrire ou composer ?

Non, pas spécialement. En fait, je vais plutôt avoir des périodes d’écriture intense, des phases ou je vais être très inspiré… et d’autres beaucoup plus calmes.

Dernière question : y a-t-il un album méconnu que tu apprécies que tu voudrais faire découvrir ?

L’album éponyme d’Eddy Crampes, qui est sorti hier. Et le premier album solo de Julien Gasc, Cerf, Biche et Faon, qui a sans doute été le principal élément déclencheur pour moi, pour que je me mette à écrire en français.


Merci à Thomas Predier, à tout le Variété Underground et à Anouck pour son accueil et sa gentillesse.

*Ces fautes sur le nom de Thomas Pradier sont parfaitement volontaires : private joke convenue entre l’artiste et la journaliste. Pari tenu !

Adeline Arénas
 
Crédit photo : Isaure Claire

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