Enchantez votre quotidien : dévorez de la culture / Adeline Arénas

15 janvier 2017

S’il y a bien un type de post que j’ai vu fleurir sur les réseaux sociaux l’année dernière, c’était celui disant à quel point l’année 2016 était « pourrie » et combien les gens avaient envie que l’année se termine. Je ne suis pas certaine que 2017 soit meilleure. (Après tout, qu’est-ce que le passage d’une année à l’autre ? On parle d’une délimitation temporelle décidée par l’homme : ce n’est pas parce qu’un chiffre change pour marquer le temps que les individus changeront radicalement d’attitude du jour au lendemain, ou que les icônes de la pop culture cesseront de mourir.) 

 

Les gens qui se sont plaint de 2016 me rappellent ceux que je peux voir dans les transports le matin, un air de funérailles sur le visage, ou ceux qui râlent en écoutant les infos. Avec un petit effort, rien ne les aurait empêchés de voir du positif dans 2016 (il s’est aussi passé de très bonnes choses l’année dernière), ou dans le fait d’aller au travail le matin (et Dieu sait que la vie ne se résume pas à un emploi), ou de changer les choses plutôt que de subir les informations qu’ils écoutent.

 

Être heureux est presque une discipline : trouver du bon chaque jour est loin d’être évident ! A l’inverse, j’ai le sentiment qu’il est bien plus facile de subir l’actualité du monde et le train-train quotidien en se disant que c’est comme ça, et qu’on ne peut rien y changer.

klaus

J’aimerais beaucoup que 2017 ne soit pas « une année pourrie » sur les réseaux sociaux, et que les gens comprennent qu’il ne tient qu’à eux d’enchanter leur quotidien. Si vraiment ils veulent changer le monde, que certaines tendances artistiques les agacent, que des actualités les énervent, ils peuvent s’exprimer, créer des blogs, faire des podcasts, aller dans des associations. C’est une minuscule goutte dans l’océan, mais c’est déjà faire quelque chose, et ça peut devenir beaucoup plus important. Je vais m’arrêter tout de suite dans cette veine parce que j’ai l’impression d’écrire un discours de campagne, et que ça n’est pas le but. (Et la prochaine fois, promis, je vous parle de la série Sherlock, parce que je parle avant tout de culture sur Ta Chatte, n’est-ce pas ?)

 

En parlant de culture, il existe une habitude saine (et utopique) à adopter si on veut s’émerveiller et se cultiver : découvrir une nouvelle œuvre par jour. Ça peut être une chanson, un tableau, un film, un bouquin. L’effet secondaire, c’est que ça peut donner envie de les partager avec le monde entier – mais ça reste un effet positif, me direz-vous. Cette habitude peut aussi vous redonner foi en l’humanité, et vous faire remonter le fil des influences du livre que vous avez lu, qui elles-même ont été inspirées par des peintres, etc. Toutes les œuvres sont liées.

 

Est-ce que je pense que si tout le monde se cultivait, le monde serait bien plus supportable, et que les gens râleraient moins, parce qu’ils seraient davantage dans une logique de partage, d’esprit critique et d’envie d’agir ? Oui. Ce qui me donne l’occasion de conclure sur cette magnifique phrase d’Oscar Wilde, lue cette semaine dans sa conférence La renaissance anglaise (1882) : « Les haines nationales sont vives quand la culture est faible ». A méditer.

watson

Adeline Arénas.

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