De La La Land à Lost River : mon week-end avec Ryan Gosling / Adeline Arénas

12 février 2017

 

Déjà, cet article commence bien : je n’arrive même pas à croire que j’ai écrit ce titre. Jusqu’à il y a deux soirs, je faisais partie de cette minorité planétaire qui est parfaitement indifférente à Ryan Gosling.

Pour expliquer ma position avant la fatidique soirée : j’ai vu Drive, que j’ai adoré comme beaucoup de gens, mais c’est le seul film avec l’acteur que j’avais vu. Pour moi, Ryan Gosling, c’est avant tout un musicien que j’ai découvert en 2009 avec la sortie de l’album de son groupe Dead Man’s Bones. (Donc, quand je lis « Oh il a appris le piano pour La La Land, c’est fou oooh ! », j’ai juste envie d’envoyer le lien Youtube de l’album en question. Où il joue du piano. Et de la guitare. Et chante.)

Vendredi soir. Séance au cinéma de La La Land. Tout a déjà été dit et écrit sur le film, inutile de revenir dessus. Comme le chante si justement le youtubeur Inthepanda dans sa critique : « La La Land, c’est une révélation, un film qui frôle la perfection ». C’est un film qui possède aussi plusieurs niveaux de lecture, et qui peut provoquer une sacrée réflexion chez le spectateur. Je le confesse, il y a eu un avant et un après La La Land pour moi : j’ai enfin compris pourquoi Ryan Gosling faisait tant d’effet à la moitié de la planète.

La La Land 3

Samedi après-midi, City of Stars (ma chanson favorite de cette comédie musicale) joue sur mon ordinateur, et je comprends que Ryan et moi allons passer tout le week-end ensemble.
En tout bien tout honneur.
(Quand une personne m’intrigue, j’ai besoin de la connaître, que voulez-vous.)

J’enchaîne le soir même avec le visionnage de Crazy, Stupid, Love. Film fort sympathique dont je ne comprends toujours pas l’émulation qu’il crée, mais sympathique quand même. Il explique en tout cas pourquoi le cher Ryan fait tourner les têtes, mais ça ne nous dit toujours pas ce qu’il y a dans son cerveau.

Dimanche, donc, est consacré à l’exploration de l’esprit Gosling. Apprécier un artiste, c’est bien joli, mais autant que ce soit pour de bonnes raisons (un joli minois n’en fait pas partie). Chez moi, l’album éponyme de Dead Man’s Bones égrène ses notes pour la première fois depuis des lustres. Je vous le recommande vivement. C’est un disque sincère, envoûtant, avec un côté très bricolé que j’affectionne beaucoup. Si vous aimez les atmosphères gothiques et les chœurs d’enfants, courez l’écouter sur Youtube.

Plus tard dans la journée, je regarde Lost River, seul film réalisé (et scénarisé) à ce jour par Ryan. Je sens d’entrée l’ambiance sombre qui va me rester dans la tête pendant des heures, mais peu importe ! Je plonge. L’univers du film ne surprend pas si on a écouté Dead Man’s Bones auparavant : le film est onirique et développe ses propres codes. La mort et le côté freak show sont omniprésents. Après tout, c’est bien Gosling qui a reconnu « être un peu gothique » dans une interview publiée par les Inrocks (réservée aux abonnés sur le net, hélas). Bon, le film est un premier effort et les influences de Nicolas Winding Refn et David Lynch sont plus que visibles, mais on lui pardonne. J’ajoute que le film a eu la bénédiction de Guillermo Del Toro, qui s’est rendu sur le tournage – gage de qualité s’il en est.

Lost river

Enfin de compte, je crois que c’est ce que j’apprécie chez Gosling : l’univers qui l’habite et qu’il laisse entrevoir par à-coups. (Il semble beaucoup surprendre ceux qui décident de l’explorer, eux qui avaient en tête l’image d’un jeune homme lisse échappé de Disney.) J’ai hâte de savoir ce qu’il va inventer ensuite.

En attendant, je vais quand même réécouter City of Stars et la fredonner dès que je marche en ville la nuit.

Tout en repensant à cette rencontre inattendue.

Adeline Arénas.

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