Le Cobaye : Parcours de l’art à Avignon / Margaux Benbadis

9 novembre 2016

Margaux est allée faire un tour au Parcours de l’Art à Avignon. Cobaye pour Ta Chatte, elle te raconte en texte et en photos son expérience.


Si tu veux te refaire le cul, les mollets, et le cerveau , plus besoin d’aller péter au Brésil frère, La Maison du petit parcours a tout prévu. Un sacré tour de remparts intra-muros où chapelles, bibliothèques et salles d’expositions permanentes se sont sortis les oids pour t’accueillir comme il se doit. Étalage patrimoniale ou art de recevoir ? Interprètes le comme chat te botte, mais attention, le Parcours de l’art n’en est pas à sa première balade pédestre en Avignon. #bonpetitbouleenperspective

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Pour la 22ème édition et ce du 1er au 23 Octobre, La Maison du petit parcours nous a donc concocté un pèlerinage contemporain : mix entre la haute du patrimoine Avignonnais, recoins paumés- qui ont le mérite d’avoir du swag-, vaste questionnement des notions de Territoire et de quoi se remuer les méninges une bonne journée si ce n’est quelques semaines, sur la fonction de l’image. #situvoisledélire

Un bon bouillon de culture contemporaine, visant un public aussi pointu qu’inexpérimenté,  en témoignent les ateliers et visites guidées au programme des festivités. Et si t’en as raz-les-semelles et que tu veux reposer tes poumons crasseux, tu peux toujours finir Place pie à boire des coups en compagnie des pochards – culture de l’apéro avant tout – ou te la jouer explorateur de spots classieux qui n’attendent que ton petit cul et ta soif d’apprendre. Seulement n’oublie pas que des projections, des rencontres, des conférences et des performances sont au rendez vous en début de soirée ( Pour te remplir le brain plutôt que la teuch ou la panse ).

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Comme quoi il y’en a pour tous les goûts : les studieux, les pochards, les couches-tôt et les fêtards.

Y’a qu’a voir l’orgie culturelle de la soirée du petit parcours. Lorsque je suis tombée nez à nez avec Sportch, du label Funk Free World Record : ce charmeur de gows aux pieds nus, alchimiste hip bop / bip hop, agile de la pédale enregistreuse, au doigté hors-pair d’instruments à vent. Celui là même qui s’est fait remarquer sur son live intimiste dans l’église des Célestins : une performance in situ, invitant clairement à la prise de possession de l’espace ou au pire au road-trip solo dans les fins fonds de ton cerveau. Ou les oeuvres de Alexandre Gérard, A.I.L.O, Laura Ledoux Jon Winter, Caroline Leite et bien d’autres, questionnaient les sphères de l’intime dans une atmosphère catho-gothique évasive, les gosses jouaient à cache cache dans les portes de bagnoles rouillés de l’installation de Seamus Farrell ( plus connus du FRAC sous le nom de spirale de Fez ) et Frédérique Chauveaux, plasticienne, danseuse et contributrice du Parcours de l’art, s’enflammait a peu près autant que les chemises de son installation, sur les psychédélismes sonores de Yohan Dumas, ledit Sportch.

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Et la soirée ne faisait que commencer.

Le Délirium : salon culturel et haut lieu à l’ambiance bien trempée, accueillait  les premiers curieux contemplateurs de performances. Un beau bordel de perfs et de sons hétéroclites où tout le monde est allé de sa représentation.
A commencer par Frédérique Chauveaux, présente en premier plan avec sa projection « sillages », soit un matelas à même le renfoncement de la cage d’escalier, une invitation à sortir de son pieu en roulé boulé, roulé bourré, à traverser les limbes ou à y retourner. En tout cas le contexte était posé. Je savais qu’on allait passer une bonne soirée. Et c’est peu dire quand on pénètre dans le Délirium et qu’on découvre, pour la première fois, ce salon chillax où trône un bar et des fats baies vitrées old school, dédaignant les beaufs en train de bouffer leur boules de glaces avenue de la république… Tout ce bordel accompagné musicalement par Dj Woks– qu’il faudra inviter à changer de nom ou de nationalité- et un panel hugissime de regardeurs avec deux uniques points communs : leur côté poivrot et l’art du chaos. Une frénésie qui fait plaisir à mater quoi qu’il arrive.

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Bref un bon conglomérat culturel qui m’a souvent laissé pantoise, si ce n’est les miches aux tapis, pour le pire sans questions, pour le mieux sans réponses. Des vernissages, des performances, des projections, des conférences et des soirées qui te feront road-triper bien plus loin qu’en Avignon. Pas loin, cachées entre tes profondeurs, tes interprétations, ces hétérotopies patrimoniales et ces installations contemporaines, parfois complètement perchées, mais souvent pleines de bon sens.

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 Margaux Benbadis. (Texte et Photos)

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