Women Sense Tour – Lallab / Coralie

11 décembre 2016

Intéressée par le féminisme et ses multiples définitions, je me suis rendue le 17 novembre à la projection de l’épisode 1 du Women  Sense Tour à EVE, à Grenoble. Ce sont les associations Coexister et En tout genre de Grenoble qui ont organisé cette soirée de projection-débat. Les réalisatrices du documentaire présenté s’appellent Sarah Zouak et Justine Devillaine.

Sarah, 24 ans (diplômée d’un Master en école de commerce et d’un second Master en Relations Internationales), femme, française, marocaine et musulmane a trop souvent eu l’impression que ces quatre identités, qui pourtant l’habitent, n’étaient pas compatibles dans notre société. Comme si être une femme musulmane voulait forcément dire soumise, oppressée. Ou comme si, pour demander l’égalité, il fallait mettre de côté sa foi. Les modèles de femmes qui l’ont aidé à se construire ne sont presque jamais montrées, on ne leur donne pas la parole. C’est pourquoi elle a décidé de partir pendant 5 mois, avec son sac à dos et sa caméra au Maroc, en Tunisie, en Turquie, en Indonésie et en Iran pour rencontrer ces femmes musulmanes actrices du changement.

Oui, ce documentaire est féministe. Oui, Sarah et Justine sont féministes.

Oui, leur association l’est aussi. Ce n’est pas un mot qui les effraie.

Après la projection du documentaire, qui est bien plus que cela, puisque c’est un objet qui pousse au débat et à la déconstruction des préjugés, j’ai été très touchée par l’émotion qui passait entre toutes ces femmes qui se sont rencontrées. Oui, certaines de ces femmes sont voilées, oui, elles sont musulmanes, oui, elles ont la foi. Mais non, elles ne sont pas affligées, non, elles ne sont pas dépendantes d’hommes et se sont construites toutes seules. Pourquoi pense t-on toujours qu’il faut «libérer» les femmes musulmanes? Je me suis empressée de contacter Sarah et Justine par le biais de leur page facebook, tout d’abord pour les féliciter et les remercier d’avoir partagé leur projet, mais aussi pour en savoir un peu plus !

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Au retour de leur voyage, en décembre 2015, Sarah et Justine ont eu envie et besoin d’étendre leur travail et co-fondent le magazine en ligne et l’association Lallab pour faire entendre les voix des femmes musulmanes qui sont au cœur d’oppressions sexistes et racistes. Leur association porte ce nom car c’est un mélange entre « Lalla » qui veut dire madame en arabe et Lab, comme laboratoire. Les femmes plurielles (genre, race, religion) doivent être valorisées et écoutées, elles peuvent parler elles-mêmes, en leur nom.

Comme l’a très simplement et justement expliqué Justine lors du débat, tout le monde est bienvenu dans l’association, mais la parole est donnée en premier aux concernées. C’est-à-dire aux femmes musulmanes. Mais alors nous, français-es privilégiées, qu’est ce qu’on peut faire ? La réponse est toute simple : les soutenir, les aider à être entendu.

« Avec Lallab on révolutionne l’image des femmes musulmanes » dit Sarah.

Sur le site de Lallab, on retrouve plusieurs portraits, des articles, sur des thèmes très intéressants et qu’on devrait tous-tes lire.

  • Par exemple la question du port du voile: « Mon voile existe vis-à-vis de Dieu et non des hommes. C’est un symbole d’appartenance, une source de spiritualité et surtout un choix libre se révoltant face à cet unique modèle de liberté qu’on essaie de nous imposer. ». Porter un voile ne veut pas dire être repliée sur soi, chaque femme peut choisir son propre moyen d’émancipation.
  • Ou encore l’appropriation culturelle: « On le décrit comme un phénomène par lequel les membres d’une certaine culture s’approprient des éléments d’une autre culture. Ils utilisent ces éléments dans un contexte autre que celui originel, en changeant souvent sa signification culturelle. Souvent, c’est une culture dominante qui s’approprie la culture d’un groupe minoritaire qui a été ou est oppressé. »

A côté de ça, sous son grand sourire, Sarah est adore les makis et le cappucino, écoute de la pop folk jazz, mais aussi des chansons commerciales qu’elle reconnaît connaître par cœur!

Je vous invite donc tous et toutes à aller rencontrer ces pétillantes et ambitieuses jeunes femmes lors de la diffusion de leur projet un peu partout en France !

Le teaser de l’épisode 1 : 

Coralie.

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