Contraception, dépression / Ariane Arghyris

21 janvier 2017

 

Coucou les chat-te-s ! Aujourd’hui parlons un peu de contraception. Si t’es un-e chat-te majeur-e et vacciné-e, il est possible que ce sujet te concerne… #rrrmeow

La contraception c’est cool. On connaît les préservatifs qui permettent de protéger des IST ainsi que des chatons-dans-le-bidon non désirés. Mais souvent dans une relation à plus long terme, une relation de confiance où l’IST est définitivement écartée, on aime enlever cette barrière de latex et passer à quelque-chose de plus « confortable »… #yolo

 

1

La contraception hormonale

Oui, j’ai bien écrit #yolo et là on vient de passer un cap. Mais à part ça, parlons des différentes contraceptions hormonales. La plus commune, c’est la pilule. Ensuite viennent l’implant, et le stérilet. Pour les plus utilisées #maiscestpastout

Le concept, c’est que des hormones sont injectées en continu ou ponctuellement dans ton corps pour empêcher une grossesse. (Soit tu le prends à heure fixe sous forme de cachet, soit c’est en toi et ça se débrouille tout seul…) Les effets secondaires connus sont des fluctuations de poids dues à des fluctuations d’appétit, mais les hormones influent aussi sur les humeurs. #naaoooon

Tout le monde ne tolère pas les hormones de la même façon. Par exemple, quand j’ai fait poser mon implant, j’ai complètement perdu mes repères corporels : plus de règles (youpi!), mais plus de limites quant aux humeurs et émotions -grosses colères, pics d’hystérie, tristesse inexpliquée… En gros, ma dépression qui allait mieux jusqu’ici a été décuplée (non… a augmenté de façon exponentielle) sans raison visible. #ohdear

2

 

Parler contraception, parler dépression

Je suis tombée sur des études sympa un joli jour d’octobre : en fait, on sait officiellement que la pilule augmente de 34 % les risques de dépression (encore plus chez les adolescent-e-s, ça peut aller jusqu’à 60 %), et plein d’autres informations sympa qui nous mettent en plein nez le fait que : sans rire, les hormones influent sur la dépression* ? Et pas de manière positive ? Incroyable. #cestpasmoicestmapilule

Cette étude m’a rassurée, et m’a convaincue de (trois mois plus tard) arrêter la contraception hormonale. #yeah

C’est pas facile du tout, d’arrêter une contraception qui ne nous convient pas pour une raison psychologique, mais j’étais heureuse que mon gynéco m’écoute (presque) sans me juger et me dise : Ah, mais si ça joue avec votre dépression, on arrête tout de suite. Fallait le dire plus tôt ! #bahouais

 

Mais pourquoi n’en avais-je pas parlé plus tôt ? #quellecruche
Parler contraception, ce n’est pas évident pour tout le monde. Mais parler de dépression à un médecin, ça l’est encore moins. Encore moins quand notre gynéco est un homme cis et qu’on sait pertinemment que malgré toute sa potentielle empathie, il n’a jamais été à notre place. #lolnotallmenlool

 

3

Le double-standard de la contraception « masculine »

Parler de contraception « masculine », c’est un concept en soi très cis et hétéro-normé. Mais dans nos esprits binaires, on a tendance à croire que :

– responsabilité de meuf = pilule

– responsabilité de mec = capote

C’est un peu n’importe quoi en fait #21stcenturybreakdown

La prise d’hormones ne concerne pas que les femmes, encore moins que les femmes hétéro et en fait, les seules personnes qui restent moins concernées sont bel et bien les mecs cis hétéro. #hs(b)c

Qu’à cela ne tienne !! Une pilule « masculine » est en train d’être mise au point. Mais devinez pourquoi elle n’est toujours pas commercialisée… #drumroll

Les effets secondaires indésirables sont trop dangereux. En fait, ce sont exactement les mêmes que chez les contraceptions « féminines » : dépression, envies suicidaires, dérèglements hormonaux, prise de poids, gonflement de la poitrine et que sais-je. #boobies

4

Sauf que, dans notre société, ces effets secondaires sont connus pour être typiquement féminins, et donc, qui ira se plaindre qu’une femme a envie de pleurer devant une pub pour une épargne retraite ? C’est narmol, c’est une meuf, elle doit sûrement avoir DES SOUCIS DE MEUF #cligneclignelolpaslol

Mais si un homme, un homme si respectable, viril, sérieux, poilu de préférence, devait avoir la larme à l’oeil un peu plus souvent que d’habitude -ou pire, se sentait très très triste et devait aller consulter… Alors là ce serait vraiment la fin du monde #doublestandard

5

 

Pour conclure, je ne pense pas que la pilule masculine soit une réponse à tout. Je ne souhaite à personne les effets secondaires indésirables d’une contraception hormonale. Mais si c’est inacceptable pour un homme cis hétéro, pourquoi la responsabilité tombe sur le reste de la population ? #foodforthought

 

Bisous les chatons <3


*source : https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/oct/03/pill-linked-depression-doctors-hormonal-contraceptives?CMP=fb_gu.

Merci à Solen, Térence, Yaël et tou-te-s mes potes qui m’ont aidée lors de mon appel à témoins pour écrire cet article de façon moins rétrograde possible <3

Ariane Arghyris