« Papa ou Maman 2 » de Martin Bourboulon / Florian Bulou

21 janvier 2017

Parce que c’est le début de l’année et qu’on revient des repas de fêtes à vau-l’eau, du ventre tendu par le foie gras végétalien, et la tête pleine de insanités du tonton en bout de table – quoique que ce dernier n’est pas dans tout les familles, pour preuve, je n’en vois pas poindre dans la mienne, mais là n’est pas le sujet – ainsi donc pour toutes ces raisons nous avons eu envie d’aller voir un petit film pas piqué des anethons, un brin franchouillard. Par purisme parisien, nous choisissons Primaire de Hélène Angel, avec Sara Forestier en maîtresse d’école. On se souvient de son rôle de « pute politique » dans le Nom de gens de Michel Leclerc donc aucune raison pour que sa prestation ne soit pas aussi admirable.

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Néanmoins, arrivé devant le cinéma, c’est le sourire dépressif de Marina Foïs et celui du gendre idéal de Laurent Lafitte de la Comédie Française qui nous aspire. Et nous sommes allés voir Papa ou Maman 2 de Martin Bourboulon. Et à y regarder l’affiche de plus près, les deux étant entourés d’une portée d’enfants, on se soulage en se disant qu’on ne peut pas sortir atterrés de la salle. #aprèstoutpourquoipas Laissez-vous convaincre par ce film qui peut paraître, ou potache, ou humour gras français, ou les deux. Il n’en est rien, la situation improbable mais possible est subtilement amenée, avec tant de maladresses assumées que cela en devient un tout cohérent. #capilotractage
Piqué d’un surréalisme contemporain, nous avions eu le premier qui était déjà un long-métrage qui passe bien, le deuxième est un beau prolongement, n’est pas une redite abrutissante. L’improbabilité de la situation : sous prétexte de vouloir protéger leurs enfants, deux parents incapables d’un brin de maturité, mais dénué de décence et de pudeur s’installent l’un en face de l’autre, avec deux chiens jaunes identiques – nous vous laissons le suspense de découvrir les noms des chiens respectifs. #déception #jevousauraisprévenus

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Passant d’une maison à l’autre dans des running-gags légers, le réalisateur utilise très bien l’espace de la rue de ce petit quartier résidentiel, sous la lumière de Normandie. Ni vu ni connu, nous avons de beaux plans fixes hautement improbables quand il est traversé par un adulte dénudé. Puis les intérieurs des maisons sont habilement utilisés avec des plans-séquences qui n’en finissent plus, mais astucieusement cadrés, suivis, ou en traveling, passant d’une pièce à une autre, de verticalité en horizontalité, de double hauteur en percée sur l’extérieur. Les acteurs jouent, le réalisateur filme ; alea jacta est, et jacta très bien. On ne s’en lasse pas. Du coup, sans prétention didactique, c’est drôle. C’est une heure et demi de blagues parfois faciles, mais aussi parfois subtiles et réfléchies, faisant référence à un film précédent, citation de soi-même sans égocentrisme, ou référence historique fine, huilée d’un jeu de mots gras. Ainsi on retrouve par exemple la blague du neuf fois de Marina Foïs, alors s’il vous-plait, avant d’aller voir ce film, au moins, découvrez ou regardez cette séquence.

Florian Bulou.